
« Vatican II a changé la façon de se voir entre laïcs, prêtres et religieux grâce à l’idée que chacun a une nouvelle perception du baptême et à l’idée que chacun a une vocation spécifique, complémentaire des autres... Religieux et laïcs, nous avons un même rapport au fondateur, mais nous avons une façon différente de le mettre en œuvre dans la société. Ce qui est en train de se faire maintenant, c’est une reconnaissance mutuelle dans un groupe de chrétiens qui vit une même intuition évangélique...
L’appel à la sainteté, c’est laisser l’Esprit de Dieu nous habiter, que nous soyons laïcs, prêtres ou religieux. Ces derniers ne sont pas plus parfaits que les autres !
Les Congrégations trouvent un renouveau dans ces relations avec les laïcs, dont les questions les obligent à se réinterroger sur leur propre saveur évangélique et à redécouvrir avec émerveillement leur propre vocation. Ces chrétiens ont envie que la vie religieuse reste et que des religieux demeurent. Un Institut est comme une stèle, qui doit signifier quelque chose du visage de Jésus-Christ...
Bernadette Delizy dans le Hors série du journal La Croix (décembre 2002 - janvier 2003)
« Le fait est là : des laïcs, des hommes, des femmes, jeunes et moins jeunes, veulent participer au charisme de la vie consacrée... Les charismes ont besoin d’être à ciel ouvert et à l’air libre, besoin de provocations nouvelles... Le charisme de Congrégation a les trois facettes d’une saisie particulière du mystère du Christ (spiritualité), d’un axe spécifique d’apostolat (mission) et d’un style original de communauté (communion).
Ce que les laïcs demandent à un groupe religieux, ce n’est pas une nouvelle organisation, mais une inspiration qui puisse donner sens à leurs multiples tâches ; ce n’est pas un mode d’emploi de la vie chrétienne, mais "une épine dorsale qui fasse tenir debout" ; ce n’est pas une structure, mais une nourriture. Ils veulent s’appuyer sur une tradition qui a fait ses preuves dans l’histoire pour faire dire au charisme plus qu’il n’a jamais dit, ou autrement ce qu’il a déjà dit.
Bruno Chenu dans ‘La Croix’ (31 janvier 2000)
Dans La Croix du 17 juin 2002, Bruno Chenu présente la thèse de théologie
de Sr Bernadette Delizy sur : « Les relations entre chrétiens
et Instituts de vie consacrée et sociétés de vie apostolique »
Tout ce qui est recherché à travers ces relations à des groupes de consacrés est de « l’évangélique » : une saisie du Christ dont les fondateurs ont été les médiateurs et les témoins, et que l’Institut met en œuvre dans l’histoire. Mais cette séduction d’un visage du Christ induit rapidement un rapport à la société et une forme de communion ecclésiale. Le disciple reçoit son baptême comme une provocation à rendre compte de son espérance et comme une exigence de vie fraternelle. Bernadette Delizy propose de passer du ‘charisme’ à la ‘figure évangélique’. Les fondateurs et fondatrices sont un appel à prendre l’Évangile sous un certain angle, à goûter un accent particulier... Un second passage est à opérer, celui de ‘laïcs associés’ à ‘familles évangéliques’, pour bien en désigner la base christique, dépasser le clivage consacrés/laïcs, et valoriser ce qui rassemble... »