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2004 Vacances partage en Alsace

 

Aimer cette terre Un défi !

Avec quelques mois de recul, nous avons pris le temps de regarder la semaine vécue en Alsace, tenant compte du chemin parcouru et de l’animation que nous avons essayé de porter.

L’invitation disait : " Une semaine pour partager, échanger, pour s’émerveiller, se détendre, visiter, célébrer et ‘goûter les saveurs du terroir’ ". Un programme copieux en Alsace !

Un axe était proposé : " aimer cette terre, un défi ". Ce fut principalement un support, une porte d’entrée, un moyen de partager notre manière d’habiter la terre là où nous sommes, d’habiter au mieux cette semaine ‘amis en communion’ : laïcs (adultes, jeunes et enfants), Frères et Sœurs. Nous aurions pu exploiter davantage cet axe ; plusieurs l’ont dit. Mais nous ne voulions pas en faire une étude, ni une session. Tant mieux si nous sommes repartis en appétit pour creuser cette question avec d’autres autour de nous !

" Aimer cette terre ", n’est-ce pas le défi réalisé durant la semaine à Hohrodberg ? Un défi vécu dans la qualité de notre vivre ensemble, par l’accueil et la connaissance des uns et des autres, dans l’inter-générations, la diversité des attentes, des situations, c’est à dire nos différences. Les enfants ont bien trouvé leur place, grâce à la présence des jeunes, à l’attention des aînés.

Une qualité de vie ensemble qui s’est concrétisée au quotidien, dans l’organisation, dans des gestes discrets, dans les divers modes de partage et d’ouverture entre nous déjà et à d’autres dans la région.

Ce sont les carrefours et les services, le travail en groupe, les temps gratuits, la place au dialogue, à tel ou tel texte apporté, et surtout dans le partage de notre expérience de vie faite de projets, d’épreuves, de recherches...

Il y eut les temps de prière, matin et soir avec leur préparation, les célébrations, spécialement le dimanche. Il y eut les visites et les promenades, la rencontre à ‘la Petite Vigne’ (lieu d’Église à Benwhir) : des occasions de nous enrichir, de découvrir, peut-être de mieux aimer cette terre, ici et ailleurs.

En reprenant quelques moments de cette semaine, en relisant les panneaux ou des expressions entendues, nous constatons que des convictions et des questions se croisent et reviennent souvent.

En voici quelques unes.

-  Quel avenir pour le monde ?
Quel avenir pour le monde : la terre, le foncier, l’air, l’eau ?

Comment je contribue au respect de l’homme, des personnes, des lieux ?

Nous avons le sentiment de ramer à contre courant, d’être esseulés, mais nous voyons des réalisations (MRJC à Vannes, des marches, des pèlerinages, des initiatives pour inventer et réinventer de nouveaux équilibres dans le contexte de la ‘mondialisation’). Le tri des déchets, l’épuration des eaux, le commerce local, le ramassage des papiers, cela a souvent démarré à partir de gens qui y croyaient, qui ont provoqué à la réflexion et à l’action...

Modifier nos modes de consommation ; donner du prix à nos relations ; Le partage des produits de nos jardins nous relie à la terre... Nous sommes marqués par notre rapport à la terre.

-  Quel défi ?
On a tout, au plan matériel ; avons-nous l’essentiel (l’ouverture, la relation aux autres...) ?

Il est nécessaire de discerner, de relire, d’avoir des lieux de partage pour avoir un projet, pour faire des choix pour s’enrichir d’expériences différentes. Cela permet d’accepter les échecs, de les dépasser, de se construire.

Les différences sont-elles pour nous un obstacle ou un enrichissement ? Quel regard portons-nous sur l’autre ? Ça nous enrichit ; mais ça nous bouscule. Croire que l’autre, dans sa différence a quelque chose à nous dire. La différence est décapante, mais pleine d’espérance à vivre comme richesse. Écouter c’est prendre le temps d’aimer...

-  Croire à la goutte d’eau
On n’avance pas tout seul ; en se bougeant, on fait bouger les autres. Importance des réseaux, des mouvements, des lieux de ressourcement, de méditation, de silence et de réflexion.

Faire des petites choses, là où je suis ; oser faire un pas. Croire à la goutte d’eau...

Entre responsable dans sa vie et son métier, créer des liens... Ne pas s’enfermer dans ses ‘chapelles’ ; confronter ses idées, les modes de vie...

L’engagement et le combat contre l’injustice, voilà le critère qui donne sens à ma foi en Jésus Christ. Pour cela : être enraciné dans la prière et l’écoute de la parole de Dieu, vivre le message de l’Évangile avec l’option préférentielle pour les plus petits. Témoigner de Jésus Christ, chacun à sa place, avec ses talents, en s’engageant dans la société, pour participer à la construction du monde voulu par Dieu : monde de paix et de justice...

Huit jours passés ensemble en " amis en communion "

Avant son départ pour l’Afrique, Frère Jean Baptiste Sawadogo nous a laissé cette lettre :
Ces 8 jours ont été pour moi une heureuse occasion de vivre cette fraternité que nous portons ensemble, laïcs, Sœurs, Frères.

"Aimer cette terre, un défi" fut le thème de cette rencontre. Dans une ambiance fraternelle, nous avons débattu, partagé et prié autour de ce thème. J’ai beaucoup aimé les réflexions en petit groupe et les mises en commun où chacun, chacune a pu s’exprimer pour dire ce qu’il entendait par : Aimer cette terre, un défi !

Nous avons tous un passé, une histoire, un milieu, une région... Nous avons tous quelque chose à faire, garder cette terre belle pour conserver la dignité de l’Homme.

La nature de la région où l’on était m’a beaucoup frappé ; une très belle région. Les visites que nous avons eues m’ont fait découvrir les richesses de ce milieu. Par rapport à mon milieu et à d’autres pays que je connais. Je compare cette région et beaucoup d’autres en France, à des paradis sur terre : la verdure, la végétation, l’eau partout. C’est un don de Dieu que malheureusement beaucoup ne savent pas qu’il faut gérer. Et c’est heureux de voir qu’il y a des gens qui œuvrent même sans bruit, pour garder ou rendre ce don précieux qu’est la terre agréable à tous.

Dans nos actions, nos efforts de tous les jours on pourrait avoir quelquefois l’impression de ne rien faire, avoir l’impression de ramer à contre courant. Mais le partage m’a révélé encore qu’il ne faut jamais perdre courage. Il ne faut jamais se laisser détourner par le courant.

Je souligne enfin la présence des enfants. J’ai été agréablement surpris de ce qu’ils nous ont apporté à la fin. Le lien qu’ils ont fait entre le thème et ce qu’ils ont vécu.

Frère Jean Baptiste.

En conclusion : " Chaque village a son histoire et sa beauté " nous a dit Bernard E. à Eguisheim.

Nous sommes ainsi envoyés chez nous, et nous avons bien dit :

" La fraternité, c’est dynamisant... " " Que la fraternité se démultiplie ! "

" Fleuris là où tu es planté ! " " Vivre un autrement est possible... "

Sr Marie Blain
Martine Demortier
Fr. Michel Yverneau

Extrait du Bulletin " Amis en Communion " N° 31
Février 2005

 

 
 
 
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